Eve Pouliot (UQAC), Olivia Maltais-Dufour (UQAC), Alexandra Laliberté (UQAC), Noémie Potvin-Hudon (UQAC), Ann-Sophie Simard (UQAC), Christine Gervais (UQO),
Kristel Tardif-Grenier (UQO), Danielle Maltais (UQAC), Catherine Lacelle (UQAC) et
Gabrielle Dallaire (UQAC)
À ce jour, peu d’études documentent les perceptions des changements climatiques chez les jeunes ayant été exposés à un événement météorologique extrême (EME). Dans cette perspective, le présent article vise à mieux comprendre, du point de vue des jeunes eux-mêmes, comment l’expérience d’un tel événement peut transformer le regard qu’ils posent sur les changements climatiques.
Menée en janvier 2023 dans la région de l’Outaouais (Québec), cette étude a permis de recueillir le point de vue de 28 jeunes Québécois âgés entre 13 et 16 ans, ayant vécu des inondations en milieu rural (2019) ou une tornade en milieu urbain (2018). Ces jeunes ont été recrutés dans 2 écoles secondaires situées dans des communautés touchées par des EME et devaient avoir subi des répercussions matérielles ou des perturbations importantes à la suite de ceux-ci pour participer à l’étude. Des entrevues semi-dirigées individuelles ont permis d’explorer leur parcours depuis les inondations ou la tornade, notamment en ce qui concerne leur perception des changements climatiques.
L’analyse des données recueillies a permis de dégager 4 profils de jeunes, selon leur niveau de préoccupation envers les changements climatiques et leur sentiment d’efficacité vis-à-vis ceux-ci et les EME susceptibles d’en découler : les « engagés », les « impuissants », les « confiants » et les « désengagés ». Pour plusieurs jeunes, ces événements ont constitué un tournant, suscitant des préoccupations liées aux changements climatiques. Chez les « engagés », ces préoccupations se traduisent en comportements proenvironnementaux, alors que les « impuissants », en revanche, perçoivent les EME comme inévitables et hors de leur contrôle. Bien qu’ils forment une minorité de l’échantillon, certains jeunes expriment peu ou pas d’inquiétudes liées aux changements climatiques. Ces derniers sont parfois « confiants », parce qu’ils ont vécu plusieurs inondations et se sentent mieux préparés afin de s’adapter à ce type d’événement dans l’avenir. Pour leur part, les « désengagés » montrent peu d’intérêt et font peu de lien entre l’EME vécu et les changements climatiques.
Les résultats soulignent la diversité des réactions chez les jeunes à la suite d’un EME. Ce constat suggère l’importance de développer des soutiens adaptés aux différents profils des jeunes, comprenant la sensibilisation, l’éducation et l’accompagnement afin de développer des stratégies d’adaptation visant à transformer l’anxiété en moteur d’action positive face aux changements climatiques. Ces différentes formes de soutien sont favorables au développement d’un pouvoir d’agir individuel et collectif vis-à-vis les enjeux environnementaux actuels et futurs.





















