Eve Pouliot (UQAC), Ann-Sophie Simard (UQAC), Alexandra Laliberté (UQAC), Christine Gervais (UQO), Kristel Tardif-Grenier (UQO), Danielle Maltais (UQAC)
Bien que certaines études montrent que les attitudes et comportements environnementaux soient influencés par les interactions familiales (Grønhøj & Thøgersen, 2012 ; Lawson et al., 2019 ; Meeusen, 2014), cette influence demeure peu documentée chez les familles ayant vécu un événement météorologique extrême (EME). Pour éclairer le sujet, cette communication examine comment les représentations des changements climatiques se co-construisent au sein de familles exposées à un EME. Elle s’appuie sur une étude qualitative menée auprès de 26 dyades parent–adolescent touchées par les inondations de 2019 ou la tornade de 2018 en Outaouais (Québec, Canada). L’analyse fait ressortir quatre profils de jeunes — engagés, impuissants, confiants et désengagés — selon leur niveau de préoccupation et leur sentiment d’efficacité vis-à-vis les changements climatiques. Sur le plan méthodologique, l’approche dyadique constitue un apport central, en permettant d’analyser conjointement les discours du parent et de l’adolescent, de saisir les convergences, tensions et influences réciproques, et de comprendre comment les éco-émotions se négocient dans l’espace relationnel. En dépassant une lecture strictement individuelle, elle met en relief les processus interactionnels qui structurent l’engagement ou la résignation, tout en ouvrant des pistes d’intervention post-catastrophe intégrant la famille comme lieu de dialogue et de réflexion sur les enjeux environnementaux.

















