Eve Pouliot, Danielle Maltais, Geneviève Fortin, Mireille Fortin, Jacques Cherblanc et Geneviève Petit
À l’hiver 2017, soit plus de trois ans après le déraillement du train ayant causé la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic, une enquête a permis de dresser le portrait de 146 jeunes adultes fréquentant le Centre de formation professionnelle du Granit, le Centre d’études collégiales de Lac-Mégantic et le Centre d’éducation des adultes. Les données recueillies révèlent que le tiers de ces répondants ont perdu un proche (30,8 %), principalement un ou plusieurs membres de leur entourage (ami, voisin, confrère de travail) ou de leur famille élargie. Parmi ces jeunes adultes endeuillés, 14 ont obtenu un score de 26 ou plus à l’échelle du « Complicated Grief Inventory » évaluant la présence d’indicateurs de chagrin pathologique, comme la colère, l’incrédulité et les hallucinations. Comparativement aux endeuillés ayant reçu un score égal ou inférieur à 25, les jeunes adultes qui présentent un deuil compliqué se distinguent quant à leurs caractéristiques psychologiques. En effet, ils sont plus nombreux à présenter de la détresse psychologique (85,7 % vs 36,7 %), ainsi que des manifestations modérées ou sévères de stress post-traumatique (57,1 % vs 13,3 %). Ils sont également plus nombreux (78,6 % vs 33,3 %) à considérer que des problèmes de tristesse ou de déprime ont eu des répercussions négatives dans leurs occupations. Ces données concordent avec les recherches scientifiques antérieures, qui révèlent que le deuil compliqué s’accompagne souvent de problèmes psychologiques.










