Eve Pouliot, Clémentine Teillon, Olivia Maltais-Dufour, Rosalie Ruel, Kristel Tardif-Grenier, Pascal Gauthier, Danielle Maltais, Christine Gervais et Ann-Sophie Simard
Les catastrophes naturelles sont de plus en plus fréquentes et intenses, notamment en raison des changements climatiques, et leurs effets se font particulièrement sentir chez les personnes adolescentes. À ces événements s’est ajoutée la pandémie de la COVID 19, qui a entraîné d’importantes perturbations dans leur vie quotidienne. Cette étude vise à documenter la santé mentale des adolescentes et des adolescents de l’Outaouais ayant été exposés à une tornade ou à des inondations avant la pandémie, et à comparer leur état psychologique à celui de jeunes n’ayant vécu que la pandémie. Réalisée auprès de 1 228 personnes adolescentes, cette recherche montre que les problèmes de santé mentale sont fréquents : près du tiers des jeunes présentent des symptômes dépressifs et des pensées suicidaires, tandis qu’un jeune sur quatre souffre d’anxiété modérée ou sévère ou rapporte des pensées d’automutilation. Les résultats indiquent également que ces difficultés sont significativement plus importantes chez les personnes adolescentes ayant été exposées à une catastrophe naturelle antérieure ou ayant été perturbées par celle-ci, comparativement à celles ayant uniquement vécu la pandémie. Ces constats soulignent l’importance de mieux reconnaître les effets cumulatifs des crises sur la santé mentale des adolescentes et des adolescents et
d’adapter les interventions psychosociales à cette réalité.
















